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  • il y a 2 jours
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Leandro Erlich, l’art de l’illusion


MULTI a visité l’exposition Leandro Erlich au Grand Palais, la plus grande rétrospective jamais présentée du travail de l’artiste. On vous emmène.

Par Clémence Duranton


Leandro Erlich ©photoOKNOstudio
Leandro Erlich ©photoOKNOstudio

Ce n’est pas un artiste contemporain aux travaux incompréhensibles, conceptuels, inaccessibles aux non initiés. Leandro Erlich, artiste argentin de 53 ans, s’apparente plus à un illusionniste de génie.


Et dès l’entrée de l’exposition du Grand Palais, le visiteur est perdu. Une longue passerelle noire mène à un couloir sombre qui s’ouvre sur une série infinie de barques grandeur nature flottant sur l’eau. Mais flottent-elles réellement ? « L'œuvre de Leandro Erlich nous invite à mettre de côté nos certitudes et nous transporte dans un univers fait de renversements, de troubles perceptifs et d'interrogations mentales », résume Fabrice Bousteau, commissaire de l’exposition.


il choisit de transformer l’escalier de service du Grand Palais en véritable cage d'immeuble d'une cité.

Leandro Erlich, Changing Rooms, 2008, 220 x 660 x 620 cm © Arthemisia Palazzo Reale Milano - 72 dpi
Leandro Erlich, Changing Rooms, 2008, 220 x 660 x 620 cm © Arthemisia Palazzo Reale Milano - 72 dpi

Erlich aime transgresser les règles, retourner la réalité, jouer avec les perspectives, les lieux, le regard. Cloud en est le témoin : des nuages enfermés dans des boites. L’effet surprend, interroge, questionne. Et puis, il choisit de transformer l’escalier de service du Grand Palais en véritable cage d'immeuble d'une cité. Quitte à ce que les visiteurs l’empruntent, autant qu’il soit une oeuvre, lui aussi. Les sonnettes retentissent, on se fait hurler dessus - fermez la porte !, les boites aux lettres débordent…


Le problème de Leandro Erlich, c’est que son oeuvre n’est pas faite pour être enfermée dans un musée. Aussi événementielle que monumentale, elle demande une ville entière pour être montrée correctement. Alors, le choix a été fait de créer un espace avec des maquettes de ses projets phares, chacun accompagné d’une explication. Là, on découvre non seulement le talent de l’artiste pour la conception mais son engagement sans faille. Rien n’est fait sans raison, tout a un sens, tout comporte un message autour de l’environnement, la ville et notre façon de l’habiter.


Le visiteur a le mal de terre, l’impression de flotter, de ne plus connaitre ses repères.

Son oeuvre la plus marquante ? L’obélisque de Buenos Aires. Leandro Erlich a fait le constat que ce monument, icône de la ville, n’était ouvert qu’à une certaine élite. Il a donc décidé de « voler » le haut du monument grâce à une illusion maline afin de lancer une conversation autour de ce symbole national. Il a ensuite reconstitué le chapeau de l’Obélisque qu’il a posé dans des quartiers défavorisés afin que les habitants puissent enfin y accéder.



Leandro Erlich, The Cloud - La Flèche, 2018, 199 x 205 x 67 cm © Thibaut Chapotot - 72 dpi
Leandro Erlich, The Cloud - La Flèche, 2018, 199 x 205 x 67 cm © Thibaut Chapotot - 72 dpi

Rassurez-vous, le Grand Palais expose aussi des oeuvres dans leur format d’origine. Une cage d’ascenseur où le passant se voit à l’infini, une fenêtre suspendue au dessus du vide, tenue par ce qui semble n’être qu’une simple échelle. On reste intriguée, bouche bée devant ce miroir qui reflète notre voisin mais pas nous-mêmes, surpris en pénétrant dans cette cage d’escalier à l’envers qui donne une impression d’infini.  Et puis, on pénètre dans une cabine d’essayage, qui s’ouvre sur une dizaine d’autres et nous voilà perdus dans un labyrinthe de miroirs et d’ouvertures. Le visiteur a le mal de terre, l’impression de flotter, de ne plus connaitre ses repères.




La visite se clôt par une des fameuses façades d’immeuble de l’artiste qui par un ingénieux jeux de perspectives, permet de laisser croire qu’on est en équilibre sur la façade.


L’ensemble est ludique, passionnant, fascinant, adapté à petits et grands. Et ne serait-ce pas ça finalement l’art : s’adresser à toutes les cultures, tous les âges et tous les profils ?




affiche Leandro Erlich

Leandro Erlich, Grand Palais, Paris

Jusqu'au 6 septembre








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