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Live report : Bruno mars depuis la place la moins chère du stade de france
MULTI a payé 56 euros pour une place en « visibilité très réduite » pour le grand retour de Bruno Mars sur scène. Alors, a-t-on vu l’artiste? A-t-on pu réellement profiter du
show ? Préparez-vous à être surpris.
Par Clémence Duranton

Il fait 32 degrés en ce samedi 20 juin. Malgré l’état de torpeur général, l’excitation est palpable autour du Stade de France. Les visiteurs ont pour la plupart respecté le dress code rouge et blanc imposé par ce Romantic Tour, non sans une certaine appréhension. Il y a 2 jours, la première des trois dates parisiennes de Bruno Mars a révélé une scène excessivement petite et une poignée de commentaires négatifs a afflué sur les réseaux sociaux.
À prendre avec des pincettes, car s’il y a bien une chose que les spécialistes de la musique savent, c’est qu’au Stade de France, qu’importe la place que vous avez, vous ne verrez pas grand chose. Parce qu’un stade, ce n’est pas conçu pour les concerts. Alors ces dernières années, les artistes qui ont investi ces espaces immenses ont mis le paquet : feux d’artifice, écrans géants, doubles scènes, scènes centrales,… Tous ont fait le maximum pour offrir la meilleure visibilité possible au public. Tous, sauf Bruno Mars. Parce qu’il faut l’admettre, pour une fois, les réseaux sociaux ne se sont pas emballés pour rien : la scène est de taille très modeste si on la ramène à l’échelle de l’espace.
pour une fois, les réseaux sociaux ne se sont pas emballés pour rien : la scène est de taille très modeste si on la ramène à l’échelle de l’espace
Bon et nous ne nous sommes pas facilité la tache : nous avons une place à visibilité très réduite. Autant dire que nous sommes pessimistes sur ce que nous allons voir.
En arrivant tout là-haut, premier point positif : il y a de l’air. Et à regarder le bal des secouristes qui ramènent les victimes de malaises de la fosse qui déborde, on apprécie ce premier détail. L’angle de vue, lui, laisse perplexe. Nous sommes vraiment sur le côté de la scène. Presque derrière. Notre placeuse s’étonne : « Franchement, j’ignorais qu’il y avait des places ici… »
Notre tribune n’est remplie qu’à moitié (les places à notre droite étant vraiment sans visibilité) et se révèle être peuplé de touristes étrangers et de gens venus seuls. « Je l’adore mais je ne pouvais pas payer 200 euros ma place. Quand j’ai vu ça, je me suis dit qu’au moins, je serai là », nous explique un fan.

Nos places situées en haut de la tribune sont toutes au même prix : 56 euros (celles situées dans la tribune basse sont à 106 euros) et ont toutes été mises en vente à la dernière minute pour répondre à la frustration des fans de ne pas avoir réussi à obtenir une place sur les trois dates archi complètes. Le site était très clair malgré tout : très peu de visibilité.
Notre vue imprenable sur l’arrière de la scène nous permet d'assister à l’arrivée de l’artiste qui nous fait signe
20h45. Alors que le show doit débuter, nous découvrons un nouvel avantage : notre vue imprenable sur l’arrière de la scène et assistons donc à l’arrivée de l’artiste. Bruno Mars débarque, nous lui faisons signe et il nous répond par un poing levé. « C’est bon, on a notre soirée », sourit notre voisine de siège.
Notre écran s’allume, le concept est étrange, nous sommes en direct de la scène, sans vraiment la voir. Bruno Mars ouvre le bal avec une première partie qui tourne essentiellement autour de son dernier album, The Romantic. Il démarre avec Risk it all, Cha Cha Cha et On my soul qui chauffent la foule tranquillement.
Paradoxalement, nous faisons sans doute partie des gens qui ont le mieux vu Bruno Mars et sa bande de la soirée

De notre côté, plusieurs constats : le son est excellent, comparable à celui d’une salle close, car nous n’avons pas l’écho du stade, la qualité d’image de la captation est dingue, on dirait un talk show américain, et… nous n’allons pas voir grand chose de la scénographie très léchée et de ses effets lumineux hors de notre écran en 4K. Paradoxalement, nous faisons sans doute partie des gens qui ont le mieux vu Bruno Mars et sa bande de la soirée. Car quand il était au bord de la scène, nous l’avons vu de nos yeux quand beaucoup ne l’ont aperçu que dans les écrans géants qui entourent la scène. Encore une fois, le Stade de France n’est pas l’Olympia.
Le stade se lève tel un seul homme quand résonne 24K Magic suivie de Treasure. Et là, qu’importe la place, la visibilité, tout le monde chante à tue tête. Finalement, ce qui est chouette avec le fait de ne rien voir, c’est qu’il n’y a rien à filmer, donc les gens profitent. Pour de vrai. Mars ressuscite Perm de l’album 24K Magic, qu’il adore jouer en live, avant de passer par une série de reprises chantées sur le capot d’une voiture.
On a dit Bruno Mars peu généreux sur le premier show, on assiste à l’exact opposé: le chanteur envoie des baisers, tente de parler en français,…
On a dit Bruno Mars peu généreux sur le premier show, on assiste (comme à chacun de ses concerts que nous avons pu voir par le passé) à l’exact opposé ce soir. Le chanteur envoie des baisers à la foule, tente de parler en français, s’amuse avec le public, le laisse chanter, joue avec les filles du premier rang… Le tout avec un plaisir non dissimulé.
Et puis, il danse, très bien, chante live de sa voix suave, il joue du piano, de la guitare, des percussions… La dynamique avec les Hooligans, ses musiciens danseurs, donne un délicieux mélange entre les Poetic Lover et les Jackson Five. Chaque morceau est adapté pour le live, étendu. Pas question de jouer court et efficace, la setlist est pensée pour faire plaisir au public mais surtout pour proposer un véritable show.
l’emblématique Leave the door open fait hurler les 80 000 spectateurs du stade
La seconde partie du concert revisite son duo Silk Sonic avec Anderson.Paak qui le rejoint sur scène alors que l’ambiance scénique change : le rouge romantique laisse place aux années 1970, aux motifs colorés, aux paillettes. Le binôme reprend ses hits pour finir par l’emblématique Leave the door open qui fait hurler les 80 000 spectateurs.
Tout est millimétré mais l’ambiance est bon enfant. Le concert se clôt sur une série de tubes : Die With a smile, Marry you, une version sans parole de Versace on The Floor, un medley piano sublime de toutes ses plus belles balades (It Will Rain, Talking to the moon, When I was your man qu’il laisse le public chanter… dingue !), pour finir en apothéose sur le trio infernal : Locked out of heaven, Just the way you are et Uptown Funk.
Après avoir achevé un public en sueur, il revient seul avec sa guitare pour jouer une version acoustique de sa dernière balade Dance with me et dire au revoir à la foule. Espérons que ce ne soit pas un adieu. Même en visibilité très réduite, on en redemande.
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