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La critique : L’affaire Laura Stern, une série nécessaire
La série coup de poing sur les violences faites aux femmes est disponible gratuitement sur la plateforme de France Télévision. On vous explique pourquoi il faut absolument la voir.
Par Clémence Duranton

En 2025, l’association Nous Toutes décomptait 164 féminicides en France. Parmi les victimes, près de la moitié avaient déjà signalé des violences, 81 % avaient déposé plainte. Des chiffres affolants, en constante augmentation, et qui interrogent : pourquoi alors que la France s’intéresse à ces crimes, les documente, s’en inquiète, y-a-t-il encore autant de féminicides chaque année ?
C’est LA question que pose L’affaire Laura Stern. L’histoire fictive (une agrégation d’histoires vraies en réalité) d’une pharmacienne, fondatrice de l’association Femme debout, qui accompagne les victimes de violences conjugales. Devant elle, défilent des femmes rabaissées, battues, violées, harcelées, brisées qui chaque jour viennent raconter leur terrible quotidien et chercher un moyen de s’en échapper.
Valérie Bonneton : "Elle se rend compte que la justice n'a rien fait et à partir de ce moment-là, elle va basculer."
Laura semble leur seule écoute et leur seule chance de s’en sortir, alors après un énième meurtre et face à une justice inerte, la pharmacienne décide d’agir. "Elle va être impuissante face à un féminicide qu'elle vit dans la rue. Elle se rend compte que la justice n'a rien fait, que les mesures d'éloignement ne sont pas respectées et à partir de ce moment-là, elle va basculer", explique Valérie Bonneton, qui incarne Laura Stern, au micro de France Inter.
Akim Isker, réalisateur :"On voulait absolument installer ce débat sur les violences dans toutes les strates de la société."
La mini-série en 4 épisodes capte avec finesse et sans exagération, la peur constante, le risque réel et l’impasse d’un système judiciaire qui reconnait les féminicides mais peine encore à les empêcher. "Quand on sait qu'on va pas être crue ou écouté, à quoi bon ? interroge Valérie Bonneton. On comprend pourquoi certaines femmes sont poussées au suicide. (…) Il faut absolument qu'il y ait un budget pour aider ces femmes-là, parce que ces associations sauvent des vies." "On voulait absolument installer ce débat sur les violences dans toutes les strates de la société", ajoute Akim Isker, réalisateur de la série, sur Europe 1.
Une fiction nécessaire qui, on l’espère, fera bouger les lignes. "Si ça peut déplacer quelque chose dans ce système. Ou si quelques femmes, malheureusement, reconnaissent quelque chose de leur vie en se disant ce n'est pas normal ce que je suis en train de vivre et qu'elles aient le courage et la force de changer quelque chose, c’est magnifique", conclut Valérie Bonneton.

L'affaire Laura Stern, disponible sur HBO Max, gratuitement sur France.tv et diffusé sur France 2, dès le 11 mars
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